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Dernière mise à jour : Mai 2018

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PSDR 4 - Rhône Alpes

L’agroécologie : regards croisés, questions et propositions pour les agricultures de Rhône-Alpes

Agroécologie synthèse journée
Synthèse de la journée d’échanges et de réflexion « L’agroécologie : regards croisés, questions et propositions pour les agricultures de Rhône-Alpes ». Lyon, le 4 mars 2014.

L’agriculture, confrontée depuis plusieurs années à ses impacts environnementaux, étudie actuellement les différentes options qui s’offrent à elle afin de garantir des modes de productions sans baisse de rendements mais plus respectueux des milieux qu’elle cultive.

L’agroécologie, qui combine régulations naturelles et intervention humaine, semble être une piste sérieuse pour satisfaire ces objectifs. Appuyé par le Ministère de l’agriculture depuis décembre 2012 au travers d’un projet agroécologique pour la France, «Produisons autrement», recouvrant plusieurs programmes d’actions (Ecophyto, Ecoantibio, Plan apiculture durable…), ce virage des pratiques agricoles concerne une multitude d’acteurs, qu’ils soient agriculteurs ou distributeurs, enseignants ou chercheurs. Pour réussir une transition en douceur, ces protagonistes vont devoir définir tous ensemble quel chemin ils souhaitent emprunter.

HAIES
L’agroécologie, des enjeux multiples

« L’agroécologie, c’est la recherche de la triple performance », explique Anne-Claire Vial, Présidente de la chambre d’agriculture de la Drôme, « environnementale, économique et sociale ». Elle doit permettre de privilégier l’autonomie des exploitations agricoles et d’améliorer leur compétitivité en diminuant leurs consommations d’intrants, d’énergie, d’eau. Pour Christian Huyghe, Directeur scientifique adjoint Agriculture à l’INRA, l’agriculture doit effectivement faire face à un nouveau challenge. Elle doit produire toujours plus avec une quantité de ressources quasi constantes (pour ce qui concerne l’eau, renouvelable sur des cycles longs) ou de plus en plus rares et donc plus chères (comme les énergies fossiles). Tandis que les surfaces cultivables ne sont pas extensibles à l’infini, l’augmentation de la population mondiale et l’élévation du niveau de vie des pays émergents comme la Chine engendrent une augmentation drastique des besoins en produits agricoles.

Ainsi, en plus d’avoir à nourrir 9 milliards d’êtres humains d’ici 2050, l’agriculture va aussi devoir subvenir à une augmentation de près de 70% de la consommation des produits carnés et une demande croissante de produits issus de la terre pour des usages non-alimentaires (pour les biocarburants par exemple). Et tout cela, avec une contrainte environnementale croissante, que ce soit par la réduction des impacts sur les milieux (nitrates, phytosanitaires, biodiversité…) ou par la limitation des gaz à effet de serre qui, en favorisant le réchauffement climatique, peut constituer une menace pour son activité.

Bien sûr, les raisons évoquées sont louables, et chacun comprend, agriculteurs en tête, pourquoi la culture de la terre et l’élevage doivent prendre une nouvelle direction. Cependant, ce glissement vers de nouveaux mode de production ne peut se faire au dépend des conditions de travail et de vie des exploitants agricoles. La transition vers des cultures et des élevages plus écoresponsables ne peut avoir lieu si les composantes financières et sociétales ne suivent pas. En effet, comment espérer convaincre les agriculteurs de diminuer l’utilisation de pesticides pour le bien de tous, si cela signifie pour eux des pertes en rendement et en revenus importantes ?

Pour cette raison, le passage de l’agriculture conventionnelle à l’agroécologie représente également des enjeux scientifiques et sociaux. Scientifiques, car c’est aux chercheurs d’optimiser les outils qui permettront aux exploitants de maintenir une agriculture à haute performance en harmonie avec leur milieu. Et défendre des cultures au moyen d’insectes auxiliaires plutôt qu’avec des produits phytosanitaires demande de comprendre parfaitement les avantages et les inconvénients d’une telle méthode. Les régulations biologiques doivent être mobilisées avec pertinence et efficacité, ce qui ne peut être fait qu’aux prix d’études scientifiques rigoureuses. Sociaux, puisqu’elle concerne tous les acteurs de la filière de l’agriculture, du producteur au consommateur, en passant par le distributeur mais également parce qu’elle s’intéresse aux systèmes agricoles à l’échelle des territoires.

Ainsi, l’agroécologie constitue un challenge qu’il convient de relever en prenant soin de tenir compte des avis et expériences de chaque acteur de la filière agriculture, voire au-delà.

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L’agroécologie, un concept rassembleur

Les définitions de l’agroécologie ont évolué au cours du temps et selon les pays. Cependant, ce concept garde des valeurs communes qui permettent à tous les acteurs de la filière de chercher une même ligne directrice.

Jean-Charles Quintard, Directeur adjoint de la DRAAF, définit l’agroécologie comme « une science au carrefour de l’écologie et des sciences sociales » ; elle forme un ensemble cohérent de pratiques en s’appuyant sur les fonctionnalités écologiques des systèmes ». Christian Huyghe rappelle que le terme d’agroécologie recouvre à la fois « une discipline scientifique, un mouvement social et des pratiques agricoles » (selon Wezel et al). Quelle que soit la définition, elle conserve une dimension universelle qui permet de croiser les regards des chercheurs (agronomes, écologues…), des agriculteurs, des enseignants et des responsables des politiques agricoles.

En effet, pour les exploitants agricoles, l’agroécologie est aussi une question de bon sens. « C’est la culture du sol, du vivant, au service du vivant », raconte Gérard Rodange, Président de Coop de France Rhône-Alpes Auvergne, éleveur de vache laitière et agriculteur bio depuis 10 ans. Pour lui, l’agroécologie ne concerne pas que les agriculteurs, elle doit impliquer les filières afin d’aller du produit agricole au produit alimentaire final. Et de conclure qu’il s’opère un véritable changement de monde où il n’y a plus de recettes : en ce sens, l’agroécologie définit un fort enjeu de mobilisation pour « apprendre à apprendre » dans le cadre d’un véritable projet. L’idée ici soutenue est aussi un retour aux fondamentaux où l’agriculteur est au départ de la démarche, et non plus dépendant des différentes orientations politiques et scientifiques, et cela à une échelle locale qui rend possible la prise en compte des avantages et inconvénients de la diversité des milieux cultivés.

Pour leur part, les chercheurs voient en l’agroécologie un cadre qui propose un nouveau paradigme pour la production agricole, voire au-delà pour la transition de nos systèmes alimentaires. Christian Huyghe rappelle les cinq principes essentiels de l’agroécologie selon Miguel Altieri, chercheur américain figurant parmi les pionniers de cette discipline : optimiser le recyclage et la disponibilité des nutriments, assurer des conditions de sols favorables, minimiser les pertes de flux, favoriser les interactions biologiques positives, diversifier l’agrosystème. En d’autres termes, « l’agroécologie marque le retour de la biologie face à la chimie, la revanche de la complexité et de la diversité face à la simplicité et la spécialisation », résume Hervé Piaton, Directeur de l’Agriculture et du Développement Rural au Conseil Régional Rhône-Alpes. L’agroécologie demande de penser plus large et plus global et pour cela, on a besoin d’innover, ce qui renvoie à la conception de nouveaux modes de production et aux modalités de leur adoption par les acteurs économiques. Pour y parvenir, les scientifiques sont donc amenés à diriger leurs études dans diverses directions telles l’écologie des agrosystèmes, l’écologie des systèmes alimentaires, le comportement des parcelles agricoles, la microbiologie des sols…

Enfin, l’agroécologie est aussi  un véritable mouvement social, conduit en partie par les exigences des consommateurs, pour qui les préoccupations environnementales et sanitaires prennent de plus en plus d’importance. Le développement de l’agroécologie est aussi susceptible de façonner peu à peu les contours d’une nouvelle agriculture durable à laquelle toute la filière doit s’adapter, entrainant dans le même temps des modifications du développement rural. Aussi, pour s’épanouir, l’agroécologie a besoin  de l’expertise et des méthodes développées par les sciences sociales. A la lumière de ces différents points de vue, l’agroécologie en tant que concept fait l’unanimité auprès de tous. Cependant, la transition vers ce mode de production agricole va nécessiter quelques ajustements afin que chacun puisse bien identifier le rôle qu’il va jouer dans ce passage à l’agroécologie et les informations qu’il peut tirer des autres acteurs qui officient dans ce même champ.

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L’agroécologie, des difficultés à surmonter

Qualifiée de potentielle « troisième révolution agricole » par Christian Huyghe, le passage à l’agroécologie, aussi bénéfique soit-il, ne pourra avoir lieu que sur le long terme, après avoir dépassé des verrous technologiques et humains.

Aborder la généralisation de l’agroécologie, c’est également préparer la possibilité de dessiner un nouveau métier d’agriculteur. Une refonte profonde des pratiques agricoles qui ne va pas de soi.

En effet, l’agriculture conventionnelle, développée depuis plus d’un demi-siècle, est désormais bien ancrée dans le paysage français, aussi bien au niveau technique que politique ou social. « Ce régime socio technique bien établi représente un équilibre difficile à rompre », développe Christian Huyghe. « Les cahiers des charges en place peuvent par exemple devenir des obstacles face à la mise en place de nouvelles méthodes de cultures ».

Il faudra notamment reconfigurer de nouveaux modes de collaborations entre la production et la transformation qui ne se limitent pas à une négociation sur le prix et le cahier des charges. Les protagonistes de l’aval et de l’amont doivent réfléchir ensemble un nouveau système qui valorise davantage les innovations et les degrés de libertés respectifs de chacun d’eux. Les nouveaux process de la transformation peuvent lever des verrous techniques de la production : l’exemple est donné des trieurs optiques des entreprises d’aval qui permettent aujourd’hui de traiter facilement les mélanges céréales/protéagineux mis en avant dans l’agroécologie.

Pour le chercheur, l’émergence de l’agroécologie dispose de quatre leviers pour seulement deux verrous. Si la préservation et la gestion optimisée des ressources naturelles, la diversification des assolements et des rotations, l’adaptation des systèmes de production animale et le développement des solidarités agricoles constituent autant de leviers d’action favorables à la progression de l’agroécologie, cette expansion se heurte aussi à deux verrous.

En effet, la mise en place de pratiques plus respectueuses de l’environnement peut malheureusement entrainer une augmentation du besoin de capital d’une exploitation et signifier un accroissement de la charge de travail des agriculteurs ainsi que de sa technicité et de sa complexité. Deux contrepoids de taille qui viennent nourrir un dernier phénomène : l’aversion au risque.

En effet, rares sont les agriculteurs prêts à s’essayer à la multiculture ou à d’autres techniques agroécologiques quand les résultats ne sont pas garantis. D’après une étude, seul 2.5% de pionniers et 13% d’adoptants précoces n’hésitent pas à donner sa chance à l’innovation. Le pourcentage est certes faible mais c’est cependant une population sur laquelle on devra s’appuyer pour construire la transition agroécologique.  Des solutions existent pour faciliter l’adoption de l’agroécologie et chaque acteur de la filière agricole a son rôle à jouer.

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L’agroécologie, une opportunité

Le passage à l’agroécologie doit se faire en même temps chez les divers acteurs de la filière agricole. C’est l’occasion pour eux de trouver des moyens de mieux collaborer.

L’agroécologie, bien qu’encore émergente en France, peut tout de même s’appuyer sur un noyau d’agriculteurs novateurs susceptibles d’inspirer leurs collègues de s’investir eux aussi dans la mise en pratique de l’agroécologie et de ses innovations.

En replaçant ainsi l’agriculteur au centre de toute initiative, il devient alors possible d’agir à tous les niveaux de la filière.

Pour exister et prendre forme, une innovation doit conjuguer obligatoirement deux ingrédients : la nouveauté (produit, méthode, organisation) et l’adoption par une population. Cette adoption fonctionnera d’autant mieux si les acteurs économiques sont mis dans la boucle Recherche-Formation-Développement. Dans cette configuration ou chercheur et agriculteur travaillent main dans la main, chacun peut alors bénéficier des expériences de l’autre. Cela  permet également d’accélérer la mise en place de nouvelles pratiques de qualité et à faible risque, malgré le fait que scientifiques et exploitants ne travaillent pas sur la même échelle de temps : le premier étudie des systèmes sur plusieurs années tandis que le second a besoin de résultats rapides.

Agronomes et agriculteurs abondent dans le même sens en souhaitant voir naitre de leur collaboration une approche plus systémique des exploitations afin de pouvoir généraliser les formules qui fonctionnent.

Pour faciliter sa mise en place, l’agroécologie mise avant tout sur une agriculture locale parfaitement adaptée à ses territoires. Aussi, le partage des savoirs et des savoir-faire doit s’organiser davantage en s’appuyant sur des réseaux et des systèmes collaboratifs déjà existants (coopératives, CUMA) ou à créer (comme des observatoires régionaux des innovations agroécologiques). La création de réseaux sociaux pourrait également contribuer à la transmission des pratiques. A travers cette organisation, il s’agit aussi de mieux transformer la masse d’informations existantes en véritables connaissances ré-appropriables, et donc de mieux discuter les passages entre ce qui est spécifique et ce qui est générique. C’est à cette condition que l’on donnera aux agriculteurs les moyens de l’appropriation des nouvelles pratiques de l’agroécologie.

Une dimension régionale qui peut également être mise à profit par les lycées agricoles et les autres établissements de formation initiale et continue. Aussi, les formateurs espèrent pouvoir s’appuyer sur des agriculteurs pionniers de la discipline soucieux de partager leur expérience et ainsi favoriser l’apprentissage de la prise de risque.

Pour y arriver, il semble indispensable d’effectuer un état des lieux le plus complet possible de ce qu’est l’agroécologie aujourd’hui afin d’éviter de refaire ce qui a déjà été fait. De cette façon, les décideurs politiques auront une meilleure idée des projets à soutenir et ainsi, pourront être en mesure de leurs apporter un soutien sur le long terme.

Enfin, tout ceci devrait contribuer à construire une image positive de l’agroécologie, aussi bien au niveau de ceux qui la pratiquent, que de ceux qui en consomment les produits finaux. Malgré sa complexité, « l’agroécologie représente un vrai champ des possibles ».

La journée d'échanges en images

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